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Sécheresse des sols en Belgique : onze fois plus probable. Ce que l'été 2026 change pour vos sites et projets

Adrien CapozzaChief Data Officer
Jeunes pousses vertes poussant à travers les crevasses d'un sol asséché et craquelé.

Le 23 juillet 2026, le réseau scientifique World Weather Attribution (WWA) a publié une étude qui chiffre le lien entre changement climatique et sécheresse des sols en Belgique : la probabilité d'une telle sécheresse a été multipliée par onze à cause du réchauffement climatique d'origine humaine. Pour les entreprises, industriels et promoteurs qui gèrent des sites ou portent des projets en Belgique, ce chiffre n'est pas seulement un titre de presse. C'est un signal de gestion à intégrer dès aujourd'hui.

Ce que dit l'étude WWA du 23 juillet 2026

Le réseau World Weather Attribution regroupe des scientifiques de plus de quinze pays (Autriche, Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, États-Unis, Suisse, Suède, Espagne, etc.) qui appliquent des méthodes reconnues et validées par les pairs pour mesurer l'empreinte du changement climatique sur des événements météorologiques extrêmes.

Pour l'été 2026, les chercheurs ont distingué deux zones européennes. La Belgique appartient à la zone orientale aux côtés des Pays-Bas, du Danemark, de la Pologne, de l'Estonie et de la Slovénie. Dans cette zone, les déficits d'humidité des sols observés entre janvier et juin 2026 sont désormais onze fois plus probables qu'ils ne l'auraient été sans le réchauffement climatique d'origine humaine. Sans ce réchauffement, un tel épisode de sécheresse serait attendu environ tous les cent soixante-cinq ans. Dans le climat actuel, il peut survenir environ tous les quinze ans.

Le mécanisme principal identifié par l'étude : ce n'est pas d'abord le manque de pluie qui est en cause, mais la chaleur extrême qui accélère l'évapotranspiration et vide les sols de leur humidité bien plus vite qu'auparavant. « La chaleur extrême est entrain de devenir le principal moteur des sécheresses sur le continent »,souligne Sarah Kew, climatologue à l'Institut royal météorologique des Pays-Bas (IRM).

Les auteurs précisent que le réchauffement actuel est de +1,4 °C par rapport à l'ère préindustrielle. À +2,8°C, la probabilité de telles sécheresses pourrait encore doubler.

Carte de l'IRM montrant l'indice de sécheresse (SPI-3) en Belgique au 2 septembre 2026.

Des sols secs : les impacts concrets sur vos sites industriels et immobiliers

La sécheresse des sols ne se résume pas à un problème agricole ou écologique. Pour les porteurs de projets industriels et immobiliers, elle soulève des questions techniques très concrètes.

Fondations et infrastructures enterrées.

Les argiles, largement présentes dans les sous-sols belges, se rétractent en séchant. Ce retrait peut provoquer des tassements différentiels : fondations superficielles, dallages, canalisations et cuves enterrées peuvent subir des contraintes non prévues dans les études géotechniques réalisées dans un contexte climatique différent. Les projets de construction ou d'extension industrielle doivent intégrer ce paramètre dès la phase de faisabilité.

Nappes phréatiques et études de caractérisation.

La sécheresse prolongée abaisse les niveaux des nappes phréatiques. Pour les études de caractérisation de la pollution des sols et des eaux souterraines, cela modifie les conditions d'échantillonnage : un prélèvement réalisé en période de basses eaux donne une image différente de la situation en hautes eaux. Intégrer la variabilité climatique dans l'interprétation des résultats est désormais une exigence de rigueur pour toute étude de sols menée en Wallonie, à Bruxelles ou en Flandre.

Sites potentiellement pollués et en cours d'assainissement.

La mobilité des polluants dans les sols et les eaux souterraines dépend de l'humidité du sol et de la profondeur de la nappe. Un sol très sec peut retenir certains polluants différemment ; une nappe basse peut concentrer des contaminants sur une zone plus restreinte. Pour les gestionnaires de sites sous suivi ou en cours d'assainissement, l'évolution climatique est un paramètre à intégrer dans les modèles de risque et les rapports d'évaluation.

Gestion de l'eau sur site.

La rétention et l'infiltration des eaux pluviales, la gestion des surfaces imperméabilisées : ces sujets sont déjà présents dans les dossiers de permis d'environnement. Ils prennent un relief supplémentaire avec des cycles de sécheresse plus fréquents. Paradoxalement, les sols très secs absorbent moins bien les pluies intenses et favorisent le ruissellement, augmentant le risque d'inondation locale lors des orages. Concevoir les dispositifs de gestion de l'eau en tenant compte de cette alternance est aujourd'hui une bonne pratique qui s'impose progressivement dans les dossiers.

Main gantée tenant une poignée de gravier fin et de terre beige sur un chantier ou dans une carrière.

Ce que disent les régulateurs (et ce qui s'annonce)

L'étude WWA pointe un déficit réglementaire : aucun plan de gestion de la sécheresse n'est actuellement obligatoire à l'échelle de l'Union européenne. Les États membres présentent des niveaux de préparation très inégaux.

En Wallonie, les outils de gestion des risques d'inondation ont été renforcés depuis les inondations de juillet 2021 : renforcement des guides urbanistiques du SPW pour les zones inondables, prise en compte des Solutions fondées sur la Nature (SfN). La vulnérabilité à la sécheresse reste, elle, moins formalisée dans les procédures actuelles d'évaluation des incidence ssur l'environnement (EIE).

La dynamique réglementaire de fond est pourtant claire. La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), la taxonomie européenne et le critère DNSH (Do No Significant Harm, « ne pas nuire significativement ») intègrent les risques physiques climatiques, y compris la sécheresse et le stress hydrique. Les entreprises soumises au reporting ESG doivent documenter leur exposition à ces risques. Et les porteurs de grands projets soumis à EIE voient ces questions entrer progressivement dans les dossiers de recevabilité.

Ce que ça change pour vous

Que vous gériez un site industriel, portiez un projet immobilier ou soyez en cours de demande de permis d'environnement, la sécheresse de l'été 2026 pose des questions qui ne disparaîtront pas à l'automne.

Vos études de sols et de nappes intègrent-elles la variabilité climatique sur le long terme ? Votre dossier de permis prend-il en compte la gestion de l'eau en conditions de sécheresse prolongée ? Votre reporting ESG couvre-t-il les risques physiques climatiques sur vos sites ? Vos projets de construction ou d'extension sont-ils dimensionnés pour des sous-sols dont le comportement hydrique évolue ?

ABV Environment accompagne les entreprises et porteurs de projets sur l'ensemble de ces questions : études de vulnérabilité climatique, gestion des sols et des eaux souterraines, évaluation des incidences sur l'environnement, et reporting CSRD/VSME. Nos équipes interviennent en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre.

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